Oui. Depuis le 15 février 2025, les amortissements pratiqués en régime LMNP doivent être ajoutés à l’assiette de la plus-value imposable lors de la revente, ce qui augmente le montant taxable. Une réponse ministérielle du 24 mars 2026 a confirmé les modalités d’application, et seules certaines locations en résidences destinées à publics spécifiques restent partiellement protégées.
Que change concrètement la réforme LMNP pour votre plus-value ?
Avant 2025, l’un des attraits du statut LMNP était la possibilité de déduire des amortissements du résultat imposable sans que ces déductions majorent automatiquement la plus-value à la revente. La réforme met fin à cette asymétrie en imposant la réintégration de ces amortissements dans le calcul de la plus-value.
Le résultat pratique est simple à comprendre. Si vous avez pratiqué des amortissements pendant la durée de location, leur montant augmente désormais la base sur laquelle sera calculée la plus-value au moment de la cession. Cela peut donc réduire le gain net après impôt attendu lors de la vente.
Comprendre l’amortissement et sa réintégration
Un amortissement est une écriture comptable qui répartit le coût d’un bien sur plusieurs années pour refléter son usure ou son obsolescence. En LMNP, ces amortissements réduisent le bénéfice imposable pendant la période de location. La réintégration signifie que ces sommes déjà déduites sont ensuite ajoutées à la plus-value imposable quand vous vendez.

Cela ne change pas la réalité économique du bien. Vous n’avez pas « à rembourser » de sommes déjà encaissées, mais le fisc considère désormais que les déductions passées ont artificiellement diminué votre base imposable et corrige cela lors de la cession.
Qui est réellement concerné ?
La règle s’applique aux loueurs en meublé non professionnels quel que soit le moment où le bien a été acquis ou mis en location. Si vous vendez depuis le 15 février 2025, la réintégration des amortissements entre dans le calcul de votre plus-value.
Exceptions pour certaines résidences
Des exceptions sont prévues pour des logements situés dans des résidences accueillant un public bien défini. Sont cités les résidences pour étudiants, celles destinées aux personnes en formation ou en stage et les résidences pour personnes âgées de plus de 65 ans. Ces cas font l’objet d’un traitement spécifique et ne sont pas automatiquement soumis à la même réintégration.
Pourquoi vérifier le statut de votre résidence ?
Parce que l’éligibilité à une exception dépend souvent de critères précis liés à la convention avec l’exploitant et à la nature des occupants. Sans justificatifs clairs, l’administration fiscale peut appliquer la règle générale. Conservez donc contrats, conventions et attestations d’occupation.
Conséquences financières et erreurs courantes
Attendez-vous à une augmentation de la plus-value taxable si vous avez pratiqué des amortissements. Cela peut modifier fortement votre calcul de rentabilité, surtout sur des investissements récents ou fortement amortis.
Parmi les erreurs fréquentes, on trouve la supposition que les biens loués avant 2025 sont automatiquement exonérés, l’absence de révision des simulations de vente et la perte de pièces justificatives utiles pour invoquer une exception. Ces erreurs peuvent conduire à des redressements ou à des surprises au moment de la déclaration.
Que pouvez-vous faire maintenant pour limiter les surprises fiscales ?
Commencez par rassembler votre comptabilité et demandez une simulation de plus-value intégrant la réintégration des amortissements. Cela vous donne une estimation réaliste du montant imposable et aide à décider s’il vaut mieux vendre, conserver ou modifier la stratégie patrimoniale.

Vérifiez si votre location entre dans une des catégories bénéficiant d’un traitement spécifique. Si c’est le cas, conservez les contrats, conventions et attestations d’occupation fournis par l’exploitant. En l’absence de ces documents, l’option la plus prudente est de consulter un expert-comptable ou un conseiller fiscal pour valider votre situation.
Enfin, si vous envisagez une cession, parlez-en avec votre conseiller fiscal avant de signer. Il pourra recalculer la plus-value nette et identifier des pistes légales d’optimisation adaptées à votre dossier.
FAQ
Est-ce que les ventes réalisées avant le 15 février 2025 sont concernées ?
Non. La réforme s’applique aux cessions intervenues depuis le 15 février 2025. Pour une vente antérieure à cette date, l’ancienne règle s’applique.
Faut-il rembourser les amortissements déjà pratiqués ?
Vous ne remboursez rien en espèces. La conséquence est fiscale puisqu’ils augmentent la base de la plus-value imposable au moment de la revente.
Que faire si je n’ai plus mes justificatifs de résidence ?
Il est préférable de reconstituer les pièces auprès de l’exploitant ou du gestionnaire. À défaut, consultez un professionnel pour évaluer le risque de redressement et les moyens possibles de preuve alternative.